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Les valeurs de l'Atelier de CEZA

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Résonance

L’origine de cette valeur fondamentale dans mon travail est phénoménologique. Je place les phénomènes que nous vivons comme centraux de notre rapport au monde, et unique pour chacune de nous (unique dans le sens où nous réagissons chacune de façon personnelle à chaque situation bien que certaines puissent être similaires). Nous ne pouvons pas de prime abord nous concentrer sur les arguments ; ce sont les émotions qui nous appartiennent en propre et nous informe sur la manière dont l’extérieur agit sur nous qui constitue la base de notre pensée. C’est donc l’expérience que nous faisons avec notre corps qui nous conduit à penser par nous-mêmes, de nous-mêmes. J’envisage notre peau comme une membrane poreuse qui rentre en résonance avec le monde vers l’extérieur et aussi en résonance avec notre Être. Notre Corps comme le vaisseau sacré par lequel j’expérimente chaque instant. C’est par ma peau et à travers mon corps que JE rencontre le monde. Je mettrais cette rencontre en résonance au cœur de ma pratique pour que nous nous concentrions sur la perception qu’à travers nous, passe une forme de dialogue que nous apprendrons à écouter. Nous deviendrons Les résonantes

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Créativité

Inventer, imaginer, innover, découvrir, mettre au point, penser et créer de nouvelles formes. Comment mon autonomie s’est construite sur ma propension à créer ? Tout d’abord par une devise : Inventer au lieu d’insister. Ici, la main est symbole d’action. Elle fait référence aux mains que je récolte dans mon projet « la femme aux mille mains » et que je rassemble pour constituer notre matrimoine de femmes. Ma créativité a trouvé son sens dans la transmission d’un matrimoine commun qui rend possible de nommer nos vécus et de prendre une distance critique avec ceux-ci pour ne plus s’identifier à eux. Au bout de nos doigts s’étendent nos multiples versions de nous, les choix que nous dirigerons vers notre centre, sur le chemin vers nous-mêmes. Créer formule une vision inédite de la réalité qui nous entoure, du passé que l’on a vécu. Créer permet de voir, de changer de point de vue, de se distancier de ses pensées en passant à l’action.

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Congruence

D’avoir écouté ma résonance puis d’être passée à l’action m’a fortifiée sur mon chemin d’élaboration de ma vision du monde. Mais la congruence est un objectif difficilement atteignable, je m’y exerce. Pour ce faire, je souhaite apprendre à reconnaître mon rythme, y rester fidèle, l’honorer. A certains moments je dévie, je me sens à côté de mon corps, étrangère à mes mots, dépassée par mes mouvements intérieurs, alors, je respire, tranquillement, j’essaye de retrouver mon rythme, de lui rendre sa souveraineté. C’est un exercice qui culmine parfois dans une cohérence sereine où mes pensées, mes actes et mes paroles s’épousent dans une danse harmonieuse. Je me sens alignée, centrée. L’imbrication de mes raisons d’agir me sont plus évidentes ainsi je perçois et accueille avec bienveillance tout évènement qui pourrait me décaler. Puis le cycle recommence et mon rôle est de ne jamais me laisser dicter la cadence.

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Vulnérabilité

Ce processus n’est pas linéaire, les à-coups sont nombreux et laissent des traces. Le temps de guérir, parfois, je m’écarte du chemin et je reste prostrée, décentrée, blessée. La vulnérabilité est une qualité déniée de notre monde, mise au banc des valeurs estimées. Pourtant, elle s’incarne pleinement en moi lorsque je me laisse toucher, que j’ai le courage de m’ouvrir et de me découvrir face aux autres. Je prends alors la responsabilité de ma sensibilité, sans me délester sur l’autre qui n’est pas réceptacle. La vulnérabilité témoigne d’une blessure qu’on ne peut soigner seul.e. Cependant, je peux choisir celles et ceux qui seront capables de m’accompagner, dans la cicatrisation de ma blessure. L’exprimer est la seule issue pour la dépasser.

« Je vais parler de ce qu’on appelle l’expérience. C’est l’expérience d’appeler au secours et de recevoir le secours. Peut-être vaut-il la peine d’être née pour qu’un jour muettement on implore et muettement on reçoive. J’ai appelé au secours et il ne m’a pas été nié. Je me suis alors sentie comme si j’étais un tigre avec une flèche mortelle plantée dans la chair et guettant doucement les personnes peureuses pour découvrir qui aurait le courage de s’approcher et de lui ôter la douleur. Et alors il y a la personne qui sait que tigre blessé est juste aussi dangereux qu’un enfant. Et s’approchant du fauve, sans peur de le toucher, arrache la flèche fichée. » Clarice Lispector Agua Viva

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Sororité

Elle ne m’a pas été donnée d’emblée. J’ai tout d’abord été confrontée à l’abandon et rejetée par celles vers qui mon regard se tournait pour m’aider à trouver une définition de moi. Cette aigreur m’a rongée longtemps sans comprendre qu’une femme ne peut aimer si elle ne s’aime pas elle-même. J’ai cherché mon reflet dans leurs regards et souvent j’ai croisé dégoût et mépris, ceux qu’elles se vouaient intérieurement. Des années se sont écoulées sans que j’expérimente l’amour et le soutien d’une femme sachante. Puis le secours m’a été donné, par une amie qui m’avait choisie, qui a su voir derrière la carapace de hauteur et de distance toute la souffrance accumulée dans la solitude. Sororité … Entraide, confiance, bienveillance, lutte de femmes, sens de la communauté entre femmes, formes alternatives de relation, accueil de la vulnérabilité, tout à la fois. La sororité donne une direction à nos luttes et s’inscrit à contre-courant du système oppresseur. Pour comprendre les étapes par lesquelles je suis passée afin de faire émerger et donner du sens à cette valeur je propose une définition sous la forme d’un processus,

Le processus de sororisation :

o   S’instruire sur le fonctionnement sexiste de la société, savoir que les autres femmes seront toujours moins bien traitées et considérées que les hommes.

o  Prendre ce savoir et barrer la route à ce fonctionnement en ne l’alimentant pas, ne critiquant pas, ne jalousant pas, n’attaquant pas.

o   Sortir de la rivalité apprise.

o   Il y a tout ce chemin avant même de ressentir de la tendresse et de l’amour pour les autres femmes.

o   L’énergie épargnée peut enfin être investie dans la découverte des merveilles que peuvent accomplir les femmes

o   Et on peut s’émerveiller de la beauté des relations que nous pouvons construire toutes ensemble.

« La sororité est une démarche consciente, presque une éthique de vie. Qui nécessite de l’empathie, de l’ouverture, de la confiance. Tout l’inverse de ce qui nous a jusqu’ici formatées. » Chloé Delaume dans le recueil Sororité

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Intégrité

La sororité a joué un rôle central dans la perception de mon entièreté. Avant cela, je vivais dans le rejet et le déni d’une part de moi, habitée par un conflit de valeurs inextricable et douloureux. En expérimentant des moments de confiance réciproque et en opérant des changements dans ma vie et dans le monde par mon engagement féministe, j’ai entamé une forme de resocialisation qui m’a inscrite dans le groupe des femmes. Le sentiment d’appartenance et la reconnaissance qu’elles m’ont donné ont contribué à légitimer mon vécu et les répercussions de ce vécu dans ma vie. Ces prises de consciences ont facilité mon positionnement en tant que femme, j’ai pu développer mon honnêteté et ma sincérité envers moi-même, en rejetant la culpabilité apprise à vouloir me positionner au centre de mon existence.

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Féminisme

C’est un mot précieux, rien que de le prononcer je sens mon cœur battre la chamade, je suis féministe et j’en suis fière. Je suis féministe parce que c’est nécessaire. Je vis dans une société, dans un monde où ma naissance en tant qu’être sexué femelle m’a dévaluée. C’est inacceptable ! Comment pourrais-je continuer à me sentir entière si j’acceptais de troquer une part de ma valeur pour alimenter la supériorité des hommes ? Je lutte pour l’autonomie des femmes, pour la liberté de diriger tous les aspects de nos vies, pour le droit de nous révolter, de décider pour nous-mêmes et d’être inadaptées à ce système patriarcal. Je lutte parce que je sais au plus profond de moi que les femmes ont des problèmes personnels du fait de vivre dans une société qui encourage et produit les circonstances qui permettent à ce malaise personnel de se produire.

Je remercie les théoriciennes du féminisme d’avoir pensé, débattu, partagé et écrit des textes, ceux-là mêmes qui me guident dans la déconstruction de l’aliénation et la construction de ce que je décide de nommer Liberté. Je remercie les féministes d’avoir redécouvert ou inventé des mots pour dire nos réalités de femme : vulve, clitoris, circlusion, femmage, matrimoine, femellité, lesbienne… Je les remercie d’avoir eu le courage d’exprimer leur colère et de devenir des créatrices de troubles ! D’avoir refusé d’être vouées au silence et à la honte. D’avoir osé s’exprimer malgré la menace de les faire taire, d’être celles qu’on étiquette comme non-conformistes car elles savent que ce serait bien pire de ne pas avoir de sens profond d’elles-mêmes. Je m’inscris dans la lignée de toutes ces femmes formidables qui sont des modèles de résistance et de détermination.

Ainsi, j’intègre une philosophie féministe à ma pratique d’artiste et d’art-thérapeute.

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Souplesse

Que je parle de souplesse ou d’une grande adaptabilité touche à l’intime et reflète aussi mon éducation genrée toute féminine à laquelle nombre d’entre noues pourraient se reconnaître. Je ressens encore la force de l’injonction à être dans une suradaptation à mon entourage et à ses réactions, j’en conserve quelques blessures que je continue de soigner. J'ai vécu le long chemin de la réappropriation d’une qualité qui m’avait été imposée à l’instar d’un mécanisme de défense indispensable. Devenir souple par obligation, tester sans cesse de nouvelles manières de conserver le lien sans me perdre moi-même dans les relations qui ne me reconnaissaient pas d’altérité. Cette faculté au changement est devenue ma force lorsque j’ai fait d’elle un outil pour comprendre le monde que chacun.e appréhende à sa façon.

Ainsi je n’ai plus besoin de convaincre, je ne m’échine plus à débattre avec les personnes qui ne sont pas en capacité d’écouter. Car c’est une qualité rare l’écoute, elle implique de tendre l’oreille et de venir en terrain inconnu pour comprendre le point de vue de l’autre. Cela demande d’être à l’aise avec soi-même et de pouvoir accueillir les paroles sans se sentir attaqué.e. Je ne me sens plus dans l’obligation de prouver que j’existe. J’agis et j’examine les réactions de celles et ceux qui m’entourent. Je ne cherche pas de validation dans l’extérieur, je m’affirme en créant et en disant qui je suis avec assertivité et calme. Grâce à l'assurance de ma souplesse, je n'ai pas besoin de demander directement ou indirectement à celles et ceux qui m'entourent d'approuver mes actes ou mes paroles. Ma souplesse me permet de m'adapter à mon auditoire en lui retirant le pouvoir de me déconnecter de moi-même. Elle réside dans la faculté à entrer en relation avec l’autre sans jamais plus me perdre ou m’oublier.

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